Rédaction/ mai 30, 2018/ L'actu positive, Rencontres essonniennes/ 0 comments

Avec dix romans et un en préparation, l’écrivain Johann Yapi, qui a vécu et vit toujours en Essonne, revient sur ses motivations et sa passion dans une interview accordée à Latitude91.

A partir de quel âge as-tu commencé à écrire ? 

J’ai commencé à 14 ans mais disons que je ne souhaitais pas tout de suite sortir des livres. C’est beaucoup plus tard que cela a commencé. Vers 26 ans, j’ai voulu vraiment écrire et en vivre.

C’est compliqué de vivre du métier d’écrivain ? 

Oui c’est difficile. Ecrivain tout seul, ça n’existe pas. L’écrit est un plus, il faut toujours avoir une profession à côté. J’ai repris des études d’infirmier et c’est la raison pour laquelle mes livres sont inspirés des rapports avec les personnes âgées dans lesquels je dénonce beaucoup.

Quels conseils donneraient-tu à celles et ceux qui souhaitent se tourner vers ce secteur ? 

Il faut patienter. La persévérance c’est la clé. Il ne faut pas abandonner, créer des liens, créer des relations et surtout ne pas douter. On peut ne pas avoir un public pendant un temps et avoir un nouveau public après. Donc il faut continuer d’écrire et ne pas s’arrêter à un seul livre. Le but c’est de toucher des personnes de différents milieux et ne pas créer de discriminations. Je veux des livres accessibles à tous. Je ne me cantonne pas à un seul sujet. Je ne veux pas me fermer des portes et vraiment aborder des thèmes différents.

Qu’est-ce que tu souhaites apporter aux gens à travers tes livres ? 

Du plaisir tout d’abord et aussi du débat. C’est une invitation à la réflexion. Je ne cherche pas à faire du Kant. Je veux ouvrir le débat à travers des petites histoires qui sont accessibles, qu’on vit tous les jours. S’ils ne sont pas d’accord c’est aussi bien parce que cela va ouvrir le débat.

Tu as une dizaine de livres à ton actif, est-ce que l’Essonne t’as inspiré pour l’écriture de tes romans ? 

J’y ai grandi donc un petit peu. J’ai été à la fac d’ Evry et du coup c’est de là que j’ai tiré mon inspiration. Tout a commencé ici mais ce qui m’inspire c’est vraiment les relations, les échanges pas tellement un lieu.

Comment tu perçois le domaine de l’écriture en Essonne ? 

Il y’ en a beaucoup qui écrivent dans le rap. Ils le font avec de la musique mais c’est aussi une forme d’écriture. Je pense que c’est pas toujours évident de lire du Molière ou du Corneille à l’école. Encore une fois, on a cette question de l’accessibilité. Je trouve qu’on a du mal à rassembler, dans certaines zones géographiques, on rejette ce secteur qui est associé à un milieu qui n’est pas celui des banlieues. Et donc, on se retrouve avec un problème d’identification.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter pour la suite ? 

Un ami m’a dit : “Lorsqu’on écrit c’est à vie”. Je suis tout à fait d’accord avec lui. Quand on écrit peu importe le public qu’on touche ou le nombre de livres, c’est personnel, c’est une passion. Celui qui arrête c’est celui qui cherche absolument à se faire de l’argent, pour moi c’est avant tout un plaisir. J’espère continuer à avoir l’envie d’écrire et toucher un public beaucoup plus large.

Le mot de la fin ? 

J’invite les jeunes de banlieue à écrire et à lire surtout parce que c’est très important.

Retrouvez l’ensemble de ses romans sur : en cliquant ici

 

Propos recueillis par Lauriane Huguet

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